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La Grande Mascarade

 


Tableau de Camille et Marianne- Craie grasse, argile.
 
Octobre 2020
 
 
 

                   Éléments du tableau en argile cuite et engobes

 

 

 

 

Masquez-vous ! 

Chanson – 15 septembre 2020

 

Cachez ce sein que je ne saurais voir !
Cachez ces bouches qu’on ne saurait entendre !
Bouchez-vous les oreilles, la poésie n’est pas pour vous !
Bouchez-vous le nez, aussi, l’ambiance pue la charogne !

Cachez-vous ! Masquez-vous ! Terrez-vous dans un trou !


Cachez ces poils qui font trop animal !
Cachez ces bourrelets, pas classes, pas corrects !
Cachez ce cul, beau et rebelle, par Dieu béni…oui, oui !
Cachez ce cerveau, penser ne vous sied pas !


Cachez-vous ! Masquez-vous ! Terrez-vous dans un trou !


Cachez cette main qu’on ne saurait vous prendre !
Cachez ce cœur qui pourrait être tendre !
Fermez les yeux sur les offenses patentes !
 

Tout va bien !
Dormez, bonnes gens, cachés, masqués, enterrés au fond du trou !

                                                             Marianne Dewelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


"Bâtir en terre - Du grain de sable à l'architecture"
Laetitia Fontaine et Romain Anger
Un formidable livre entre science et architecture
Prix du livre "généraliste" du Goût des Sciences du Ministère de la Recherche
Prix Roberval Grand public 2010
 
La terre est le matériau de construction le plus naturel, immédiatement à disposition et recyclable, ne nécessitant souvent que peu de transformations et donc énergétiquement avantageux. Les Anciens ne s’y trompèrent pas, comme en témoignent les ziggourats mésopotamiennes ou la pyramide  de Sésostris II en Égypte, dont seul subsiste le cœur de briques en terre crue.
Publié à l’occasion de l’exposition « Ma terre première », d’abord présentée à la Cité des sciences et de l’industrie, ce livre part à la découverte de l’exceptionnel patrimoine en terre, de la mythique Shibam au Yémen, la « Manhattan » du désert, jusqu’aux étranges habitations collectives des Hakkas en Chine, en passant par les cases obus du
Cameroun. Il n’oublie pas pour autant l’habitat rural européen, ni les prouesses des architectes contemporains, fascinés par les qualités du matériau.
De fait, les propriétés physico-chimiques de la terre, véritable « béton naturel », sont inestimables pour la construction : l’ouvrage propose de comprendre pourquoi grâce à des expériences simples et ludiques. D’autant que de cette compréhension pourraient surgir des pistes pour développer des alternatives aux matériaux industriels qui, comme le ciment, posent aujourd’hui de graves problèmes environnementaux.

Envie d'Art Frais 2015 : Exposition flottante au parc Léo Lagrange - Reims

Installation des crocodiles portant chacun un émigré sur le dos

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Le radeau des émigrés est mis à l'eau



Mise à l'eau du mammouth de pierre de Sandrine



Aurore






Visite de la tortue



Poésies en suspension
(Cliquer sur l'image pour agrandir)



"L'art a le dangereux pouvoir d'engendrer
le rêve d'une vie meilleure plus juste et plus belle
le pouvoir de réveiller la conscience et de menacer le quotidien"
( J.K.Stefansson, " Le coeur de l'homme")


" Si Dieu avait réellement voulu changer le monde, déclare Halheidur,
il nous aurait envoyé sa fille au lieu de son fils. La fille de Dieu aurait fait éclater au grand jour les plus bas instincts de l'homme, elle aurait été battue, souillée et humiliée, les Romains l'auraient violée avant de la crucifier. Elle aurait dévoilé ce que nous avons de pire et cela aurait peut-être suffi à nous transformer. Vous, les hommes, n'auriez pu éviter de comprendre ce que signifie être une femme, ce que nous avons toujours enduré, ce que signifie être toujours en dessous, de naître en individu de second rang. Mais Dieu ne comprend pas la femme, il a donc envoyé son fils."
(  J.K.Stefansson, " Le coeur de l'homme" )


"...¡Oh, ciudad de los gitanos!
La Guardia Civil se aleja
por un túnel de silencio
mientras las llamas te cercan.

¡Oh, ciudad de los gitanos!
¿Quien te vio y no te recuerda?
Que te busquen en mi frente.
Juego de luna y arena...."

 
"Romance de La Guardia Civil Española", F.G.Lorca

"Peu de personnes savent qu'il existe un petit cerveau dans chaque doigt de la main..."
" La caverne", J. Saramago.
( lire la suite dans la rubrique "A lire")



"Ceux qui parlent de la fureur des montagnes, de la tristesse des anges, se retrouvent affublés de l’aura du poète, ils perdent toute forme de crédit, les poètes sont des amuseurs, des ornements de salon, parfois des  bouffons et nous ne leur accordons par conséquent que la crédibilité qu’ils méritent. Sans doute est-il vrai que la poésie conserve en ses profondeurs la beauté et la simplicité de l’âme nationale, mais sept siècles d’obscurité  et de difficultés nous ont façonnés, rabotés, et quelque part en chemin nous avons cessé de croire en son pouvoir, nous nous sommes mis à la considérer comme de la rêvasserie et de l’ornement de fête, nous avons placé toute notre ferveur dans les chiffres et les réalités tangibles, ce que nous ne comprenions pas ou que nous redoutions a été, enfermé, cadenassé, dans d’inoffensifs contes populaires." "La tristesse des anges", J.K.Stefansson.


Collage patagon

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Plumes de nandou...




Laine de brebis, cailloux, racines, sachets de terre...

















Patagonia II

En la Patagonia verde
y blanca tuve silencios
y en rollos desenrollados
sobrenaturales vientos.
Llegar allá me quisiera
a la mesa de los hielos,
donde el país era de todos,
y más anchos tierras y cielos,
y coyota ni coyote
me fueron a besar los cercos
y el sueño me lo velaron
como un hato de corderos,
del toro de la demencia
y el ímpetu del pampero.

Mas solo podría ir
como las aves del Estrecho,
en ceguera de albatroses
y petreles cenicientos.
Cuando es que como llamados
y cubriendo tierra y cielos
va la nube de alas blancas
cruza-cruzando el Estrecho,
alegre y loca yo iría
ebria de gozo y anhelo.
Padre el Polo y Madre hierba
por viva y muerta me habrían.


Gabriela Mistral, «  Poema de Chile »



BIENFAITS DE L'ARGILE




Bain de ghassoul (rassoul), 
argile de l'Atlas marocain.



 Les bienfaits de l’argile sont connus en soins externes ou internes depuis la nuit des temps et dans toutes les civilisations.
C’est par une tout autre entrée que je suis arrivée à l’argile : le modelage de sculptures. La malléabilité du matériau m’a immédiatement ouvert un horizon nouveau : avec la terre, on a le droit d’hésiter, de se tromper car on peut toujours revenir en arrière, enlever ou ajouter de la matière, transformer, défaire et changer d’orientation, revenir à zéro …
Sa nature même permet donc toutes les approches du modelage : sculpture académique, geste spontané, formes libres qui cultivent l’imaginaire, conduire et laisser conduire les mains,  redécouvrir le contact avec la peau et les sensations…
Au contact de la terre, le lien corps-esprit-matière s’effectue en harmonie et en profondeur. Nous recentrer, décompresser, se relaxer et de prendre du recul par rapport au milieu extérieur.
Un atelier de modelage de terre est donc aussi bien un lieu d’apprentissage qu’un espace de liberté et de bien-être où chacun se redécouvre, est à l’écoute de ses émotions et de ses questionnements, s’exprime, vit concrètement sa créativité…

On trouve beaucoup d’écrits sur l’intérêt du modelage de l’argile. Vous trouverez ici quelques extraits et quelques liens très intéressants. 
Pourtant, ce sont les mains en action avec l’argile qui en parlent le mieux.

CHAMP D'ARGILE



Extrait de l'article paru dans la revue Art et Thérapie, No. 66/67 juin 1999
 ed. par Jean Pierre Klein.
Titre du cahier: TERRE! De la matière argile à l’appartenance à la terre

 http://www.tonfeld-osterwald.de/pics/osterwald-francais.pdf



Quelles possibilités le travail au champ d’argile (Arbeit am Tonfeld®) peut-il alors donner aux personnes de découvrir et d’utiliser leur potentiel psychique et créateur?



Comment travailler au champ d’argile?



Cette méthode a été conçue dans les années ‘70 par Heinz Deuser, professeur à la faculté d’Art thérapie à Nürtingen, une école de hautes études en Allemagne. 

Le champ d’argile (das Tonfeld) est une espèce de caisse d’à peu près 50 sur 45 cm et de 5cm de haut. Elle est remplie d’argile jusqu’au bord avec une surface toute plane. Les personnes y travaillent les yeux fermés en se laissant entièrement guider par les mouvements spontanés de leurs mains. De cette façon-là, le contrôle conscient qui est marqué par toutes les implications socio-culturelles et biographiques est exclu au maximum. 
La personne qui pose ses mains sur la surface neutre du champ d’argile rentre en contact immédiat avec la réalité archétypale transmise par l’haptonomie, le toucher. Par un effet de rétroréaction le toucher initie les mouvements des mains qui correspondent aux sensations du toucher. Ainsi s’établit spontanément un plan de Gestalt qui est à l’arrière plan d’un processus individuel de création et d’individuation. Souvent le travail a le but inconscient de transformer un ancien vécu biographique résultant d’une expérience de manque, de négation, de détresse ou d’abandon qui a empêché ou paralysé les mouvements libres de la personne, son élan vital. 
La dynamique et la Gestalt des actes créateurs de ce travail sont déterminés par la dynamique et la nature du Soi (C.G.Jung), l’instance transcendante et le noyau divin de l’être humain. Il en émane l’élan vital qui fait bouger les mains qui touchent l’argile. Le but de l’évolution gérée finalement par le Soi est la création d’une relation authentique, juste et équilibrée de la personne à l’autre personne et à son monde extérieur et de la personne à elle-même. Voilà le but d’un processus de Gestalt.

MODELAGE EN HOPITAL DE JOUR


Extrait du mémoire de Patrik Hartmann «Un atelier de modelage en hôpital de jour : de la manipulation à la symbolisation. » p.10


«  Sauf exceptions, les enfants éprouvent du plaisir à travailler la terre. Ce plaisir de réaliser tient pour une part aux caractéristiques d’un matériau qui stimule l'expression plastique et dont l’homme a su tirer parti de longue date.



 La terre: une longue histoire

Le potier, le modeleur, le sculpteur parlent de terre pour désigner l'argile qu'ils utilisent.

Celle-ci est un produit de décomposition des roches, c’est un matériau extrêmement commun dont on trouve des carrières partout dans le monde.

Dès la préhistoire, l'homme utilise des terres colorées pour laisser des empreintes et réaliser les peintures rupestres. Lorsqu’il se sédentarise, son rapport au temps change: l'homme organise son avenir. La terre prend alors une importance capitale; il l'utilise pour construire ses maisons, il apprend également à la cuire pour fabriquer des récipients durables. Ce rapprochement est illustré par la langue égyptienne antique: le mot «igdou» désignait alors le maçon et le potier, car les maisons, faites avec le limon du Nil, étaient conçues comme un grand pot.

À la même époque, la civilisation mésopotamienne consigne ses écrits sur des tablettes d'argile: la terre devient explicitement le support de la pensée symbolique de l’homme.

Mais ce ne sont pas là les seules utilisations de ce matériau; de nombreuses civilisations en ont réalisé des figurines, dotées de pouvoirs magiques, symboliques (statues funéraires...) ou plus prosaïques: ainsi, les fillettes de Mésopotamie jouaient avec des poupées de terre cuite.



L'utilisation de la terre s'inscrit donc dans une longue histoire: ce matériau a été l'un des premiers supports à travers lequel l'homme a extériorisé sa pensée en la rendant pérenne . »



- 2350 , Sumer
compte de chèvres et de moutons
en numération babylonienne




Grand défournement I


Cliquez sur l'image pour agrandir
Poésie de Wislawa Szymborska, sur épée de grès blanc:
Elle ne comprend rien aux plaisanteries,
ni aux étoiles,
ni aux ponts,
ni au tissage,
ni aux mines,
ni au labourage,
ni aux chantiers navals,
ni à la pâtisserie.
Elle se mêle de nos projets et de nos agendas,
elle a son dernier mot
hors sujet.
Elle ne sait même pas faire ce qui directement se rapporte à son art :
ni creuser une tombe, ni bricoler un cercueil, ni nettoyer après.
Toute à se tuerie, elle le fait gauchement, sans méthode ni doigté,
comme si sur chacun de nous elle faisait ses gammes.
Plus d'un triomphe sans doute, mais combien de défaites,
de coups pour rien, d'expériences à recommencer.
Parfois elle manque de force pour frapper une mouche au vol.
Et plus d'une chenille peut la prendre de vitesse.
Tous ces bulbes, gousses, antennes, palmes et branchies,
plumages nuptiaux et fourrures d'hiver attestent
du retard dans son veule travail.
La mauvaise fois ne saurait suffire,
ni même nos coups de main en guerres et révolutions,
du moins pour l'instant.
Des cœurs battent dans les œufs.
Les squelettes des bébés croissent.
Les graines en arrivent aux premières feuilles et parfois même
aux arbres immenses sur l'horizon.
Quiconque prétend qu'elle est omnipotente
est la preuve vivante qu'il n'en est rien.
Il n'est point de vie
qui même un court instant
ne soit immortelle.
La mort est toujours en retard de cet instant précis.
En vain agite-t-elle la poignée de la porte invisible.
Le peu que nous ayons pu demeure irréversible.



Poésie sur grès du Puisaye:
Romance de la Guardia civile española, Federico García Lorca -


Los CABALLOS negros son.
Las herraduras son negras.
Sobre las capas relucen
manchas de tinta y de cera.
Tienen, por eso no lloran,
de plomo las calaveras.
Con el alma de charol
vienen por la carretera.
Jorobados y nocturnos,
por donde animan ordenan
silencios de goma oscura
y miedos de fina arena.
Pasan, si quieren pasar,
y ocultan en la cabeza
una vaga astronomía
de pistolas inconcretas.

¡Oh, ciudad de los gitanos!
En las esquinas, banderas.
La luna y la calabaza
con las guindas en conserva.
¡Oh, ciudad de los gitanos!
¿Quién te vio y no te recuerda?
Ciudad de dolor y almizcle,
con las torres de canela.

Cuando llega la noche,
noche que noche nochera,
los gitanos en sus fraguas
forjaban soles y flechas.
Un caballo malherido
llamaba a todas las puertas.
Gallos de vidrio cantaban
por Jerez de la Frontera.
El viento vuelve desnudo
la esquina de la sorpresa,
en la noche platinoche,
noche que noche nochera.

La Virgen y San José
perdieron sus castañuelas,
y buscan a los gitanos
para ver si las encuentran.
La Virgen viene vestida
con traje de alcaldesa,
de papel de chocolate
con los collares de almendras.
San José mueve los brazos
bajo una capa de seda.
Detrás va Pedro Domecq
con tres sultanes de Persia.
La media luna soñaba
un éxtasis de cigüeña.
Estandartes y faroles
invaden las azoteas.
Por los espejos sollozan
bailarinas sin caderas.
Agua y sombra, sombra y agua
por jerez de la Frontera.

¡Oh, ciudad de los gitanos!
En las esquinas, banderas.
Apaga tus verdes luces,
que viene la benemérita.
¡Oh, ciudad de los gitanos!
¿Quién te vio y no te recuerda?
Dejadla lejos del mar,
sin peines para sus crenchas.

Avanzan de dos en fondo
a la ciudad de la fiesta.
Un rumor de siemprevivas
invade las cartucheras.
Avanzan de dos en fondo.
Doble nocturno de tela.
El cielo se les antoja
una vitrina de espuelas.

La ciudad, libre de miedo,
multiplicaba sus puertas.
Cuarenta guardias civiles
entran a saco por ellas.
Los relojes se pararon,
y el coñac de las botellas
se disfrazó de noviembre
para no infundir sospechas.

Un vuelo de gritos largos
se levantó en las veletas.
Los sables cortan las brisas
que los cascos atropellan.
Por las calles de penumbra
huyen las gitanas viejas
con los caballos dormidos
y las orzas de monedas.
Por las calles empinadas
suben las capas siniestras,
dejando detrás fugaces
remolinos de tijeras.

En el portal de Belén
los gitanos se congregan.
San José, lleno de heridas,
amortaja a una doncella.
Tercos fusiles agudos
por toda la noche suenan.
La Virgen cura a los niños
con salivilla de estrella.
Pero la Guardia Civil
avanza sembrando hogueras,
donde joven y desnuda
la imaginación se quema.
Rosa la de los Camborios
gime sentada en su puerta,
con sus dos pechos cortados
puestos en una bandeja.

Y otras muchachas corrían
perseguidas por sus trenzas,
en un aire donde estallan
rosas de pólvora negra.
Cuando todos los tejados
eran surcos en la tierra,
el alba meció sus hombros
en largo perfil de piedra.

¡Oh, ciudad de los gitanos!
La Guardia Civil se aleja
por un túnel de silencio
mientras las llamas te cercan.

¡Oh, ciudad de los gitanos!
¿Quién te vio y no te recuerda?
Que te busquen en mi frente.
Juego de luna y arena.

Le grand Janus